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mardi 15 octobre 2019

Avancer

Cher journal,

Dans la vie, je réalise qu'il est important d'avancer, d'évoluer, et de ne pas tourner en boucle toujours les mêmes choses, les mêmes sujets.

Je pense être arrivée à un point de rupture, à un moment où il est temps pour moi de passer à autre chose. Je pense avoir fait le tour du thème "psychiatrie et médicaments psychiatriques". Après 25 ans à expérimenter, à me former et à partager sur ce thème, il est plus que temps pour moi de passer à autre chose.

Le thème suivant? Le développement personnel et l'ouverture des consciences.

J'ai envie de réaliser ce virage en utilisant le livre de Laurent Gounelle - L'homme qui voulait être heureux - comme support à ma transformation.

Dans ce livre, le guide spirituel, Maître Samtyang, ou le sage comme j'aime à l'appeler, invite son "élève" à relever plusieurs missions. Comme l'élève de Maître Samtyang, je vais me mettre en quête de mon être profond en réalisant les missions proposées par le vieux sage.

Mon objectif est de me retrouver, d'opérer une transformation dans ma vie pour que cette dernière me ressemble plus et soit plus harmonieuse. 

MISSION 1: Rêver tout en restant éveillé

Maître Samtyang décrit la mission à son élève (page 57): 

"Alors vous rêverez que vous êtes dans un monde où tout est possible. Imaginez qu'il n'y a aucune limite à ce que vous êtes capable de réaliser. Faites comme si vous aviez tous les diplômes du monde, toutes les qualités qui existent, une intelligence parfaite, un sens relationnel développé, un physique de rêve,... tout ce que vous voulez. Tout vous est possible. [...]
Ensuite, vous imaginerez à quoi ressemble votre vie dans ce cadre: ce que vous faites, votre métier, vos loisirs, comment votre vie se déroule. Gardez en permanence à l'esprit que tout est possible. Puis vous noterez cela et vous me l'apporterez."

Ok, alors c'est parti pour moi. Dans un monde où tout est possible, je m'imagine posséder toutes les qualités pour devenir coach spirituel, coach en développement personnel pour accompagner et guider celui ou celle qui me le demanderait sur le chemin de son propre développement personnel. Je m'imagine disposant de toutes les qualités requises pour le faire. Ce qui n'est pas complètement éloigné de la réalité. Ayant fait face à des défis de vie haut en couleur, je possède une bonne expérience dans le domaine du développement personnel, de la reconversion de vie, de la gestion des traumatismes, de la peur et de la souffrance. Et je possède également une expertise dans plusieurs domaines spécifiques: les "troubles mentaux", et la psychiatrie et les médicaments psychiatriques, mais aussi dans la "reconstruction de soi" après de telles épreuves.

Je connais pour les avoir étudiés théoriquement et pratiquement, nombre de techniques et de méthodes pour gérer les angoisses, les burn-outs, la dépression et les états caractérisés de psychotiques par la médecine. 

Les médecines alternatives et l'approche énergétique me sont familières.

Mon expérience pratique et mes connaissances théoriques en matière de coups durs, de changements de vie radicaux et de résilience font de moi quelqu'un possédant toutes les qualités pour faire un excellent coach de vie. Et, cher journal, je trouve cela de plus en plus motivant d'imaginer ma nouvelle étape de vie en m'autorisant à rêver que tout est possible et que je dispose de toutes les qualités et compétences pour réaliser mon projet de devenir coach de vie, coach en développement personnel, ou peu importe le nom qu'on puisse donner à l'activité que je souhaite entreprendre pour servir au mieux le monde,comme dirait si bien Deepak Chopra (cité par Esprit Spiritualité Métaphysiques) :

La Loi du Dharma ou but de la vie

Tout le monde a une mission dans la vie… Un don unique ou un talent spécial à offrir à autrui.

Lorsque nous mettons ce talent particulier au service des autres, nous connaissons l’extase et l’exultation de notre propre esprit, lui qui est le but ultime de tous les buts.

Pour appliquer la Loi du dharma ou but de la vie :

Je mettrai en oeuvre la Loi du Dharma en prenant les décisions suivantes :

1. Aujourd’hui, je nourrirai avec amour le dieu ou la déesse qui vit au plus profond de mon âme. Je porterai mon attention à l’esprit qui, à l’intérieur de moi, anime mon corps et ma pensée. Je m’éveillerai à la profonde tranquillité de mon coeur. Je vivrai la conscience intemporelle, l’Être éternel et ceci jusqu’au plus profond de l’expérience temporelle.

2. Je vais établir une liste de mes talents particuliers. J’y noterai ce que j’aime faire, ce qui exprime mes talents. Lorsque je mettrai ces talents en action, pour le service de l’humanité, j’échapperai au temps et je créerai l’abondance, aussi bien pour moi que pour autrui.

3. Je me poserai chaque jour les questions suivantes : « Comment puis-je servir ? » « Comment puis-je aider ? ». Les réponses à ces deux questions me permettront d’aider et de servir mes semblables avec amour.



En effectuant la mission proposée par Maître Samtyang, je réalise que je suis à la recherche de ma mission de vie, de mon but, de mon Dharma.

Je me pose donc les deux questions évoquées par Deepak Chopra dans son livre:

1. Comment puis-je servir?
2. Comment puis-je aider?

Je pense que je peux servir en découvrant quels sont mes talents, en les vivant et en les expérimentant pour ensuite pouvoir les utiliser et les mettre à disposition des personnes qui auraient besoin d'aide pour trouver leur propre voie.

Dans la deuxième partie de la mission proposée par Maître Samtyang, il est question du cadre dans lequel j'évoluerais. La vieux sage "m'invite" à imaginer à quoi ressemblerait ma vie si tout était possible.

Je m'imagine, en "vieux sage" qui écoute avec bienveillance les personnes qui viennent le voir. Qui leur apporte, par son écoute attentive, une aide et un soutien pour retrouver le chemin de leur âme.


Cher Journal, à moi maintenant de rendre ce rêve réel....




mercredi 7 août 2019

Sois fier de qui tu es et ne laisse personne te dicter qui tu dois être!

7 août 2019

Cher journal,

Aujourd'hui, jour de pluie, m'invitant gentiment à rester dedans.
L'orage gronde, mes pensées tonnent et un tourbillon d'idées se profilent à l'horizon. Je laisse faire, je laisse venir et les mots glissent sur le papier avec tant de facilité et de félicité.

Etre moi-même, dans ce monde des autres. Etre avec les autres, dans ce monde individualiste. Ne faire qu'un, dans ce monde de dualité, voilà la raison de mon humanité.

J'aime à penser que les choses changent, que les choses évoluent dans le temps.
Mais qu'est-ce que le temps? Est-ce la mesure humaine de l'évolution?

Je me sens parfois si seule dans ce monde qui évolue autrement... qui involue vers le petit, l'étriqué. Qui involue vers le plus immobile des temps. "Que rien ne bouge et que tout reste comme je le connais", voilà le dicton qui pourrait résumer ce monde.

Les plans de conscience changent, et cette involution semble atteindre son paroxysme. Le monde devient trop étriqué, et l'humanité et la planète n'en peuvent plus. Cette involution du monde et de la pensée se dirige vers l'implosion. Comme dans le Big Bang, le fait d'imploser sur lui-même va lui donner la force d'exploser vers l'extérieur et de s'expandre dans toutes les dimensions: Mourir sur soi-même pour mieux renaître.

Déposer son fardeau (Florence Scovel Shinn, 2015, p.54), ce fardeau trop lourd à porter, pour retrouver sa liberté d'Etre, son envie de vivre dans la légèreté d'une vie guidée, dans l'instant présent, par la pleine conscience.

Etre conscient de soi, de ce qui se passe en soi. Etre conscient de cette petite voix qui nous guide vers un monde meilleur, vers la réalisation de notre plein potentiel et par là, de la réalisation du plein potentiel de l'humanité.

Reprendre confiance en soi, en l'Homme, en ce que nous sommes: des Etres sensibles doués d'une intelligence innée, intuitive et guidée par notre coeur. Arrêter de brider nos "défauts", nos élans ou nos émotions, juste en régler le volume, comme dirait Neale Donald Walsch (2011), pour qu'ils deviennent nos plus beaux dons.

Arriver à déposer son fardeau personnel, c'est déposer une partie du fardeau de l'humanité. C'est alléger cette atmosphère lourde, pesante et inerte qui nous étouffe, qui étouffe la planète et les élans d'humanité.

Ne plus se brider, ne plus se limiter.
Ne plus vouloir "être comme tout le monde" ou "emprunter le chemin tout tracé que tout le monde suit".
Oser sa différence, oser être soi pour contribuer à l'élévation des consciences et au bien-être de l'humanité.

Chacun a sa place dans ce monde, une place unique qui lui revient. En voulant à tout prix "être pareil que les autres", "aspirer aux mêmes idéaux" et se brider pour "se conformer à ce que l'on attend de nous" (à ces standards que nos sociétés valorisent), nous en arrivons à tous vouloir occuper la même place dans ce monde et comme il n'y en a qu'une qui correspondent aux standards en vigueur, nous nous battons pour l'obtenir et y siéger. Cela crée des guerres sans fin et cela laisse en friche les places uniques que chacun devrait occuper pour contribuer à l'évolution de l'humanité et au bien-être du monde.

A tous vouloir s'asseoir sur le même siège, nous délaissons les places qui nous reviennent... qui nous sont destinées pour faire avancer l'Humanité.
Et nous continuons à nous battre pour une place qui est déjà prise et, en prime, convoitée par des centaines de milliers d'autres personnes. La lutte pour cette place, cet idéal utopique, est tellement rude qu'elle laisse des milliers de personnes sur le carreaux et qu'elle en tue des milliers d'autres.
Des milliers de personnes qui, si elles lâchaient prise sur cet idéal sociétal, sur ce fardeau qui consiste à vouloir à tout prix être quelqu'un qu'elles ne sont pas, pourraient devenir les Etres qu'elles sont destinées à devenir pour contribuer au monde et à l'élévation de l'humanité.

Si ces milliers de personnes lâchaient prise et déposaient ce fardeau qui consiste à vouloir être qui elles ne sont pas, elles pourraient enfin découvrir qui elles sont et quels sont leurs fabuleux dons et talents qui leur permettraient d'occuper cette place unique qui leur est destinée, cette place qui feraient d'elles l'artisan de leur vie et du bien-être de la planète et de l'humanité toute entière.

Lâchons notre fardeau de vouloir être quelqu'un que nous ne sommes pas et embrassons notre divinité intérieure et laissons émerger le génie qui nous habite! Laissons rayonner notre beauté intérieure sur la Terre
Soyons nous-même, occupons cette place unique que personne d'autre ne peut occuper dans ce monde et dans cette vie.

C'est, comme l'explique Florence Scovel Shinn (2015, p.9):

Le modèle idéal de Platon, le Dessein Divin tel qu'il existe en chaque personne.

"Il y a une place que vous devez occuper que personne d'autre ne peut occuper, une chose que vous devez faire que personne d'autre ne peut faire". Il y a une image parfaite de cela dans l'esprit supraconscient. Elle apparaît généralement dans la conscience sous la forme d'un flash représentant un idéal inatteignable, "trop beau pour être vrai". Il s'agit en fait de la véritable destinée (ou destination) de l'homme qui se montre à lui et qui vient de l'Intelligence Infinie qui l'habite.
Néanmoins, beaucoup de gens ignorent leur destin et se battent pour des choses et des situations qui ne leur appartiennent pas et qui ne leur apporteront que l'échec et l'insatisfaction une fois atteintes.


Alors! Soyez Unique, soyez vous-même: occupez la place qui vous revient, celle pour laquelle vous êtes fait et que nul autre Etre humain ne peut occuper!


© Carole Advices, août 2019


Références:

Scovel Shinn F. (2015). Le jeu de la vie suivi de Votre parole est une baguette magique. Se reconnecter avec sa richesse intérieure.

Walsch N.D. (2011). Le petit livre de la vie - Petit cours de mieux-vivre.




mardi 7 mai 2019

Questionnements, amour, pouvoir et responsabilité

Quelques soucis pour comprendre ce qui se passe dans ma vie. Avancer tout de même, mais reculer quand même. Pour mieux sauter? Sauter le pas vers un autre moi, vers une autre facette de ma personnalité,... de ma réalité.

Ces derniers mois, je me questionne beaucoup sur l'avenir, sur la conscience, sur les états modifiés de conscience et sur le paradigme émergent: le paradigme post-matérialiste qui va au-delà de notre vision matérielle et physique de la vie.

Conjuguer la vision matérialiste, scientifique du monde, de notre réalité et la vision fondée sur l'idée que la conscience est à la base de toutes formes physiques. La conscience n'émerge plus du cerveau, elle y est "aux commandes".

Comment alors comprendre le monde, et y fonctionner, en conjuguant ces deux formes de pensées: la perspective matérialiste et la perspective post-matérialiste? En l'expérimentant, nous soufflent les plus grands sages.

Etre incarné dans le monde physique, bien ancré dans notre vie terrestre: dans cette matrice de matière qui nous permet de vivre nos envies et nos pensées. Etre ouvert à une autre forme d'existence, à une vie spirituelle, à une conscience qui nous permet de vivre intensément le monde physique.

Trouver cet équilibre entre une vie toute matérielle et une vie spirituelle: conjuguer les deux, les faire se marier et s'harmoniser dans une existence quotidienne qui reflète, dans toutes ses formes, les capacités qu'offre l'union, la fusion des monde terrestre et spirituel.

Vivre en conjuguant, en équilibrant, les différentes dimensions de notre être pour créer une réalité qui nous convient, dans laquelle on se sent bien et où il est possible d'à la fois évoluer sur le plan physique/matériel et le plan spirituel.

Nous sommes dans une matrice, dans un jeu où chacun est amené à jouer un rôle. L'acteur a le choix: soit suivre le scénario écrit pour lui par un autre, soit improviser et créer de toutes pièces, en pleine conscience, le scénario de sa vie.

Jusqu'à mes 34 ans, j'ai suivi et jouer, telle une bonne élève, les scénarios que ma famille, l'école et la société avec élaborés pour moi. Ces scénarios m'ont emmenée droit dans le mur! Alors, après avoir si bien joué ce qu'on me demandait, avoir tout perdu et avoir été fustigée par le système et les personnes mêmes qui m'avaient prodiguer le scénario de ma vie (qui soi-disant me permettrait d'avoir tout ce que je désirais dans ma vie et d'être heureuse), alors après ça, j'ai décidé que plus personne ne me dirait comment je devais penser et vivre ma vie. J'ai, comme diraient les habitués du développement personnel, repris le pouvoir que j'avais donné à mes proches et au système éducatif, social et culturel dans lequel je vis.

Reprendre le pouvoir, c'est reprendre sa vie en main: c'est décider de ce qu'on va faire ou pas, de ce qu'on va accepter ou pas, etc... C'est prendre la responsabilité de ses choix. Si je choisis de laisser l'autre décider à ma place de ce qui est bien pour moi, du parcours et du scénario que je dois suivre, alors, je suis responsable d'avoir donner mon pouvoir à quelqu'un d'autre.

Une des choses qui est le plus salutaire, mais certainement aussi le plus difficile à accepter, c'est que ces 34 ans de souffrance, à n'être pas moi-même et à subir les mauvais traitements que les autres pensaient que je devais suivre pour aller bien: accepter que ces 34 ans de souffrance est de ma responsabilité, parce que j'ai fait le choix de laisser d'autres personnes décider de ce qui est bien pour moi, parce que j'ai fait le choix de donner mon pouvoir à d'autres, c'est moi qui suis responsable d'avoir suivi ce scénario qui n'était pas le mien et qui m'a fait du mal. Je me suis fait du mal en faisant le choix de laisser à d'autres le pouvoir de décider ce qui serait bien pour moi.

Aujourd'hui, je l'accepte. J'accepte les choix que j'ai fait. Je me pardonne. Je pardonne à la personne que j'étais. Je sais qu'à ce moment-là, j'ai fait ce que je croyais être le mieux pour moi. J'accueille dans la plus grande bienveillance l'adolescente qui a remis son pouvoir dans les mains de sa mère, pour ne pas la blesser et surtout, pour qu'elle continue à l'aimer malgré son incapacité à être une enfant et une jeune fille "bien comme les autres". A cette adolescente que j'étais, je dis: tu as fait ce que tu pensais être le mieux pour toi. Avec le recul, tu as vu que les choix que tu as fait à ce moment-là étaient une tentative désespérée de répondre aux attentes de ta mère pour qu'elle t'accepte et t'aime.

Aujourd'hui, je pose un regard bienveillant et plein d'amour sur cette adolescente qui voulait juste que sa maman l'aime. Cette adolescente qui pensait que ce n'était qu'en étant celle que sa maman voulait qu'elle soit, qu'elle pourrait être aimé.

Je pardonne à cette adolescente qui a fait, avec ses armes du moment, les choix qu'elle pensait être le mieux pour elle. A cette adolescente, je lui dit, je t'aime, je te pardonne, merci!

Aujourd'hui, à 43 ans, j'ai compris que si je voulais m'épanouir, être heureuse et contribuer au monde, je ne devais plus jamais donner mon pouvoir à quelqu'un d'autre. On ne m'aime pas? Tant pis! Ce n'est pas pour autant que je vais faire tout ce que l'autre attend de moi pour qu'il m'aime: je ne vais pas lui donner le pouvoir sur ma vie. C'est moi qui décide de ce que j'ai envie de vivre dans cette vie. C'est moi qui décide de ce qui est bien pour moi et de ce qui ne l'est pas. Je sais que le vrai amour est celui qu'on donne sans contrepartie. Le vrai amour que donne une personne est celui qui ne demande rien en retour, qui permet d'être soi-même et de vivre une vie épanouie.

Et la peur dans tout ça? La peur, c'est ce qui nous fait donner notre pouvoir aux autres. La peur de ne pas être aimée, m'a fait faire des choix qui m'ont fait du mal et la personne pour laquelle j'ai fait ces choix, ne m'a pas aimée d'un amour pur pour autant. Elle m'aime toujours d'un amour conditionnel, d'un amour qui ne sera donné que sous certaines conditions: que si je me soumets à la vision qu'elle a de moi: que si je suis le scénario qu'elle a écrit dans cette vie pour moi et qui m'enferme dans le rôle d'un personnage que je ne suis pas.

Ne pas être aimée et être rejetée, voilà ma plus grande peur. S'en suit la peur de faire faux, de ne pas être capable de coller au scénario qui me permettrait d'être aimée!

Maintenant, je n'ai plus peur de ne pas être aimée, car je sais que même si je collais parfaitement au personnage que l'autre à construit pour moi, il ne m'aimerait de toute façon pas d'un amour vrai.

Aimer d'un amour vrai, c'est aimer la personne sans conditions. C'est aimer ses choix de vie, c'est aimer ses forces et ses faiblesses, c'est aimer sa vulnérabilité et son authenticité! Ce n'est pas aimer l'image qu'on a d'elle, c'est l'aimer vraiment elle, pour ce qu'elle est du plus profond de son être.

Pour pouvoir à son tour aimer quelqu'un, il faut s'aimer d'abord soi-même. Comment? En reprenant contact avec qui on est au fond, et en identifiant tour à tour les rôles qu'on joue dans l'espoir de coller à l'image que les autres ont d'une personne qui peut être aimée! Et c'est aussi ne pas demander à l'autre d'être et de se comporter d'une façon qui n'est pas lui: c'est l'accepter tel qu'il est sans condition. C'est l'aimer comme on s'aime soi-même.

Pour pouvoir s'aimer soi-même, il est important d'accepter et surtout d'aimer inconditionnellement la personne qui a fait de son mieux jusqu'à maintenant pour être aimée: aimer la personne qu'on a été et qui, juste dans l'espoir d'être aimée, a fait des choix qui l'ont emmenée vers une grosse souffrance et une destruction d'une ou de plusieurs parties de sa vie. Cette personne qu'on était et qui a fait ces choix, les a fait avec ses capacités du moment. Avec ses peurs, ses doutes, ses faiblesses et ses croyances du moment.

Accepter d'avoir, à ce moment, donner son pouvoir à un autre parce qu'on a fait sur le moment le choix qui nous semblait le plus juste pour nous, c'est aussi accepter qu'on a fait de notre mieux à ce moment de notre vie où on pensait que donner notre pouvoir de décision, les rênes de notre vie, à une tierce personne était ce qu'il y avait de mieux pour nous, pour être intégré dans la famille, dans le groupe ou dans la société.

Pour pouvoir aimer qui je suis, ce que je fais et ce que j'ai, j'ai compris que je devais prendre l'entière responsabilité de mes choix et que cela passait par la reprise du pouvoir que j'avais donné à l'autre sur moi. Reprendre le pouvoir, c'est faire des choix en conscience, c'est décider ce qui est bien pour soi et suivre sa voie. C'est reprendre contact avec qui on est au fond, sous ces couches de rôles et de personnages qu'on joue pour être aimé. C'est aimer l'être qu'on est sous tous ces costumes de spectacle: c'est aimer l'acteur qui sommeille en nous et non les rôles qu'il joue.

Partir à le recherche de l'acteur qui se cache derrière les rôles qu'il joue devant tout le monde, c'est aller à la rencontre de soi-même. C'est faire connaissance avec cet être, qui pour beaucoup s'est perdu en s'identifiant à ses rôles, en pensant qu'on ne l'aimerait pas si on voyait qu'il n'avait pas les pouvoirs de Superman: Superman, le rôle qu'il joue et pour lequel on le connaît au grand jour. C'est aller au fond de soi-même pour découvrir son essence pure. C'est se faire confiance, accepter ses forces et ses blessures. C'est faire confiance à la vie, en osant s'y exposer tout nu, sans artifice.

J'ai compris que tout le monde ne pouvait pas m'aimer et surtout que je ne voulais plus être aimée d'un amour sous conditions. J'ai envie qu'on m'aime pour qui je suis, avec mes forces et mes faiblesses, et non pour l'image qu'il faudrait que je donne pour paraître bien dans le cadre dans lequel une scène se joue.

J'ai décidé de participer à cette grande pièce de théâtre qu'est la vie, mais en y étant ma propre personne et plus en y jouant un scénario qu'on aurait écrit pour moi. M'incarner sur cette Terre, m'ancrer dans la matrice de la vie, tout en gardant cette connexion spirituelle et légère avec mon essence intérieure qui m'invite à vivre une vie sans limites, dans l'insouciance, la beauté et l'innocence des rêves de l'enfant.



Du fond du coeur,
Merci

© Carole, 7 mai 2019

mardi 9 avril 2019

Passage à vide

Ce matin, petit passage à vide.

Depuis quelques semaines, je passe par des moments de découragement et de grosse fatigue. Je sais que je suis dans une phase de transition qui apportera de gros changements.

Cela fait près de 20 ans que je suis à l'AI (Assurance Invalidité) et dans quelques semaines, je vais sortir de ce système. Cela fait plusieurs années que je suis dans la démarche de sortir de ce système et maintenant que cela devient concret, je réalise que c'est un gros saut qui se prépare.

Enfin, je ne serai plus vue comme celle qui a une maladie mentale qui la rend incapable de s'insérer dans la société. Enfin, "le système" reconnaît que je ne suis pas anormale, que je dispose de toutes les capacités mentales pour vivre une "vie normale".

Cependant, il est clair que ce soutien financier, cette rente d'invalidité, j'en ai eu besoin pour vivre lorsque les médicaments psychiatriques faisaient partie de ma vie. Ces produits et les mauvais traitements psychiatriques que m'ont administrés les médecins m'avaient rendue bien incapable de fonctionner au quotidien et de subvenir à mes besoins les plus basiques. La décérébration que j'ai subie pendant ces années de mauvais traitements psychiatriques m'avait rendue incapable de penser, avait changé ma personnalité et m'avait énormément affaiblie physiquement. Travailler dans cet état, c'était impossible. Je remercie donc l'état et l'assurance invalidité d'avoir subvenu à mes besoins pendant cette période noire de ma vie. Je remercie également chaleureusement mon conseiller AI d'avoir pris le temps de comprendre qui "se cachait" derrière ces effrayants diagnostiques psychiatriques et d'avoir su être à l'écoute au moment où j'ai repris ma liberté face à la psychiatrie: dans ce moment où je me reconstruisais et je créais mon avenir.

Cher monsieur M., même si les médecins de l'AI ont court-circuité votre évaluation des conditions qui me permettraient de sortir de l'AI en douceur, vous avez su être là et à l'écoute de mes besoins en matière de reconstruction professionnelle. Même si cette sortie de l'AI arrive très brutalement par rapport à ce que vous et moi avions imaginée, elle arrive à un moment de ma vie où je suis capable d'encaisser les changements brutaux.

Depuis plusieurs années maintenant, je me prépare à reprendre une activité professionnelle. Ou plutôt devrais-je dire, à commencer une activité professionnelle, puisque ayant été plongée dans le monde psychiatriques et mise à l'assurance invalidité à l'adolescence, je n'ai jamais vraiment été en mesure de travailler. Bien sûr, j'ai fait quelques tentatives désespérées pour travailler, mais avec la chape de plomb médicamenteuses qui me décérébrait et affaiblissait mon corps, j'ai bien été incapable de garder un travail plus que quelques semaines.

Au jour d'aujourd'hui, 10 ans après avoir arrêté les médicaments psychiatriques (neuroleptiques, benzodiazépines et antidépresseurs), et après avoir passer plusieurs années à me battre contre les dégâts occasionnés par ces produits et avoir récupérer seule, et avec beaucoup d'efforts quotidiens, je suis physiquement, psychologiquement, cognitivement et émotionnellement prête à reprendre ma vie professionnelle là où la psychiatrie me l'avais brisée il y a maintenant plus de 23 ans.

Mais ce passage dans l'enfer de la psychiatrie et surtout ma reconstruction après m'en être extirpée m'ont permis d'acquérir des ressources insoupçonnables qui me rendent maintenant capable de faire face aux plus gros défis de la vie. Ce passage entre les mains de la puissante psychiatrie et de ses alliées très influentes et omniprésentes, les firmes pharmaceutiques, m'a également donné une direction vers laquelle orienter ma carrière professionnelle. Pour sortir de la psychiatrie et des médicaments psychiatriques, j'ai passé des années à me documenter sur leurs fonctionnements, ce qui m'a permis d'acquérir une connaissance hors norme de ce milieu et des produits qu'il utilise. Cette connaissance, j'ai, depuis ma sortie de la médication psychiatrique, décidé de la partager et de la mettre à disposition des utilisateurs de ces produits, des personnes qui sont confrontés de près ou de loin à la psychiatrie et finalement, à la terre entière.

Toutefois, je ne vais pas limiter mon activité professionnelle à la diffusion de l'information concernant le fonctionnement de la psychiatrie et des médicaments psychiatriques que sont les somnifères, les anxiolytiques, les antidépresseurs, les antipsychotiques, les stimulants ou encore les régulateurs de l'humeur. Non, je ne vais pas me limiter à ça, puisque cela ne constitue qu'une infime partie de la sortie de l'ère psychiatrique et pharmaceutique. En effet, une fois que j'ai arrêté les médicaments et les visites en psychiatrie, il m'a fallu reconstruire entièrement ma vie.

J'a dû reconstruire ma vie personnelle, ma vie familiale, ma vie sociale et maintenant ma vie professionnelle, car avec à cause des mauvaises traitements physiques, psychologiques et chimiques infligés par les psychiatres, j'avais tout perdu.

J'ai recommencé par me reconstruire physiquement, puis cognitivement et émotionnellement. Cela m'a pris plusieurs années pour retrouver mes capacités physiques, ma santé, ma vitalité, mes aptitudes à la réflexion, ma capacité de jugement et mes capacités mnésiques. A noter qu'aujourd'hui, même avec tous les efforts quotidiens réalisés pour récupérer mes fonctions mémorielles (se rappeler des souvenirs de cette époque ou utiliser ma mémoire de travail), je n'ai pas été en mesure de les récupérer à 100%. Même si je dispose aujourd'hui d'une très bonne mémoire, elle n'est pas celle que j'avais avant les médicaments psychiatriques.

Ma reconstruction émotionnelle est passée par l'acquisition et la mise en pratique d'outils utilisés en Thérapie Cognitive et Comportementale. Ces outils ne m'ont jamais été proposés pendant les années passées en psychiatrie. Ces outils, je les ai découverts au cours de mes recherches pour réapprendre à fonctionner. J'ai appris à les mettre en pratique seule, car les psychothérapeutes ou les psychologues que je consultais à l'époque se figeaient sur mon passé psychiatrique et sur les symptômes de sevrage terrifiants qui se maintenant encore des années après l'arrêt complet des médicaments psychiatriques. Ces symptômes étaient notamment une anxiété généralisée accompagnée d'une agoraphobie avec attaques de panique qui me maintenait cloîtrée chez moi: le moindre pas en dehors de ma maison me déclenchaient de terribles attaques de panique. Avec le recul, je réalise que j'étais dans un état de stress post-traumatique après les atrocités que j'avais vécu en psychiatrie.

Ainsi, les séquelles qu'avaient laissé les années d'enfer passées sous le joug de la psychiatrie, m'empêchaient également de trouver du soutien auprès de thérapeutes, trop impressionnés ou déroutés qu'ils étaient par les terribles séquelles que je manifestais à l'arrêt des médicaments psychiatriques et à la sortie du monde de la psychiatrie.

C'est donc seule, que j'ai recherché et mis en pratique ces outils pour gérer mes angoisses et reprendre le contrôle de mon état de stress post-traumatique. ça a été et c'est toujours un travail de grande haleine. Quotidiennement, je prends le temps de travailler ces outils, de les perfectionner et de les faire évoluer avec mes besoins du moment.

Tout ce parcours pour me reconstruire émotionnellement, psychiquement et physiquement, toute cette "physiothérapie psychique et émotionnelle" et cette réhabilitation physique, comportementale, cognitive et sociale qu'aucun thérapeute n'a été en mesure de me fournir à cause, certainement, de l'état préoccupant dans lequel m'ont laissé ces années de psychiatrie... toute cette "thérapie", toute cette reconstruction de soi, tout ce retour à la vie, je souhaite maintenant l'offrir à tous ceux qui sortent, meurtris, de la psychiatrie.


© Carole Advices 9 avril 2019

Pour aller plus loin:

Vidéos "Se reconstruire après l'arrêt de la médication psychiatrique"

Mon site:  www.psychotropes.info

Le Manuel de Sevrage des Psychotropes